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Creative Grizzly
Trois heures sous un filet pour un anolis
Carnet d’affût

Trois heures sous un filet pour un anolis

Faune6 min de lecture

Installation à 5 h 20, premier mouvement à 8 h 30. Récit d’une matinée d’affût en forêt, et de tout ce qui ne s’est pas passé.

Le réveil sonne à 4 h 30. La forêt de Montravail est encore noire quand je gare la voiture. Le principe est simple : arriver avant les animaux, pour que ce soit moi le décor quand ils se réveillent.

Se fondre

Tenue ghillie, filet sur l’objectif, gants. Je m’allonge à quatre mètres d’un tronc que j’ai repéré la semaine d’avant : il y avait des traces de passage et une belle lumière rasante vers 8 h.

  • Pas de parfum, pas d’anti-moustique parfumé. Les moustiques gagnent, mais les lézards ne sentent rien.
  • Téléphone en mode avion. Une vibration sur une souche, ça s’entend.
  • Un tapis de sol épais. Trois heures couché sur des racines, on y pense après.

Attendre

Pendant deux heures, rien. Des fourmis, une averse de dix minutes, un merle qui me prend pour une souche. C’est le métier : l’essentiel du temps, il ne se passe rien, et c’est ce rien qui rend la suite possible.

Déclencher

À 8 h 30, l’anolis monte sur le tronc, s’arrête dans la tache de soleil et tourne la tête vers l’objectif. Rafale de six images. Une seule est nette sur l’œil. C’est celle qui est dans la galerie.